LE SON DE LA VOIX ET LES ARTS DE LA PAROLE

Anthropologie et linguistique
Convergences et recherches actuelles

Michel de Fornel
Maud Verdier, 
Maître de conférences à l'Université Paul Valéry Montpellier 3
Francis Zimmermann

1er et 3e jeudis du mois de 11 h à 13 h 
salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris
du 15 novembre 2018 au 16 mai 2019

Cycle 2019–2020

Des mouvements sociaux en début d'année puis la crise sanitaire (épidémie du Covid-19) ont entraîné la fermeture de l'Ecole. Il nous a été impossible de reprendre cette année, à l'exception d'une séance du 6 février 2020, le fil conducteur de nos séminaires, l'étude des Répétitions comme performances en construction dans les arts de la parole et du spectacle.

Voici l'argument d'ensemble formulé en juin 2018 sur la page Consignes au théâtre.

Depuis les années 1970 jusqu'à aujourd'hui, les progrès accomplis dans les performance studies et l'anthropologie des arts vivants (performing arts) ont abouti à montrer les limites du modèle de la scène popularisé par Erving Goffman, the platform format, un type d'interaction sociale dans laquelle une activité est mise en scène devant un public et se présente comme un spectacle. Goffman lui-même, dans Radio Talk en 1981, élargissait le champ d'application du concept de mise en scène pour y inclure les médias et l'intermédialité (remediation). Une seule et même performance est médiatisée et remédiatisée à chaque fois qu'un nouveau média s'en empare. Ce nouveau modèle de la performance prend en considération les reprises, les remakes, les répétitions et les réajustements à de nouvelles conventions et de nouveaux contextes. Sur la base de l'ethnographie recueillie par Maud Verdier à Montpellier auprès de la Compagnie théâtrale de La Bulle Bleue, nous nous proposions de substituer à l'approche du spectacle centrée sur la performance, the performance-oriented approach qui perdure depuis les années 1970, une approche de la performance centrée sur les répétitions, the rehearsal-oriented approach. Concrètement, nous voulions prendre la performance dans ses phases de mise en place, dans l'émergence du présent, avant qu'elle ne soit reçue comme spectacle.

Même si d'autres arts de la parole et du spectacle entrent dans le champ du séminaire, ce sont les études sur le théâtre qui constituent notre organon. Au théâtre s'élabore le concept le plus opératoire pour nous, la répétition au double sens de rehearsal et re-enactment, et, à la limite du théâtre, les répétitions dans la remediation (réajustements à de nouveaux contextes ou de nouveaux auditoires) et dans la sérialité (performances à épisodes). Le critère, pour déterminer si nous sommes dans ce cadre, c'est qu'il y ait rehearsals, re-enactments, remediation.

Nous espérons reprendre cet azmbitieux programme de recherche à la rentrée de novembre 2020 pour le cycle 2020–2021.

Dans l'équipe que nous formons, Michel de Fornel, Maud Verdier et moi, Francis Zimmermann, j'ai proposé pour ma part de prendre pour objets d'enquête les épopées chantées. Je suis indianiste et le seul dossier répondant à notre problématique, dans le domaine anthropologique indianiste, est celui des épopées chantées. Je peux puiser dans un riche réservoir de données ethnographiques les exemples sur lesquels développer notre problématique de la Répétition aux trois sens du mot: rehearsal (les répétitions préparatoires au spectacle), re-enactment (faire revivre aujourd'hui les faits héroïques du passé) et remediation (les remakes d'une même performance sur différents médias).

On trouvera sur l'axe Ginger du serveur Tessitures les premiers éléments de mes recherches sur les épopées présentés dans des séminaires indianistes des années passées, dans le répertoire:

http://ginger.tessitures.site/vac-ou-la-parole/epopees